Le vagabond

Le regard gorgé d’une lueur molle
Il fume un gros cigare la bouche tordue
Traînant dans le quartier sa patte folle
C’est le dingue du coin qui a trop bu

On le croise à côté d’un carrefour
Et dans toute les grandes cités
Souvent il raconte sa vie de vautour
Mais personne ne pourrai le citer

Survivant dans un monde de cloportes
Il tient toujours son rôle d’épouvantail
Partout où il toque on lui clos les portes
Il lui reste les poux le vent et la paille

Enivré par un ange embouteillé
Il nous appelle en agitant ses gants
Aveuglé par notre bulle d’oreillers
On trace notre chemin l’air absent

A sa vue nous éprouvons du chagrin
Mais on préfère s’éloigner du malheur
On craint qu’il casse notre petit écrin
Et contempler le vide nous fait horreur

Un jour d’hiver on le retrouvera
Nu sur le trottoir tel un vers de terre
Avec pour seule compagnie un rat
Et plus aucune chaleur dans sa chair

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